Pont L'Abbé- 02 Avril 2021 -

 

Pierrick Chuto . Pont l'Abbé

Hors-la-loi en Bigoudénie "Faîtes entrer les accusés"

 

« Hors la loi en Bigoudénie » de Pierrick Chuto sous-titré « Crimes et forfaits de 1830 à 1916 » vient de sortir. L’auteur dévoile 17 histoires judiciaires, 17 histoires vraies qui ont fait trembler le Pays bigouden.

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 Pierrick Chuto présente son nouveau livre : « Hors la loi en Bigoudénie, crimes et forfaits de 1830 à 1916 ». (Steven Lecornu)

 

 

Il voulait être journaliste. Il est devenu commerçant. Pendant 40 ans. Pierrick Chuto, le Glazik, est bien connu des Bigoudens. Il a tenu une boutique de vêtements pendant 40 ans à Pont-l’Abbé. Mieux, il fut président de l’Union des commerçants du centre-ville, pendant 13 ans, un record jamais égalé. C’est en 2008, alors à la retraite que le Plomelinois commence à prendre la plume. Et à y prendre goût. Sept ouvrages plus tard, Pierrick Chuto continue à explorer l’histoire locale. Cette fois-ci, du côté des faits divers. « Hors la loi en Bigoudénie » compile 17 histoires vraies qui se déroulaient entre 1830 et 1916 en Pays bigouden. « Je n’ai rien inventé ! », tient à préciser l’auteur. Larcins, meurtres, agressions, incendies… Ici, les assassins côtoient les petits voleurs. « Ils étaient passibles, eux aussi, de la cour d’assises », révèle-t-il.

 

Une justice bien plus rapide et sévère qu’aujourd’hui

 

Les peines ? Elles sont le reflet d’une justice bien plus rapide et sévère qu’aujourd’hui. Ici, point de bracelet électronique mais plutôt des travaux forcés au bagne (parfois à perpétuité), de la prison ferme voire des condamnations à mort. Pont-l’Abbé, Combrit, Plozévet, Penmarc’h, Plobannalec sont le théâtre de récits, souvent sanglants, sur fond de misère. Sous nos yeux, des gens ordinaires, de toutes classes sociales, commettent des actes extraordinaires. « J’ai préféré ne pas traiter les affaires de mœurs et d’infanticides qui encombrent les archives », explique Pierrick Chuto. Ce dernier a beaucoup fréquenté les Archives départementales à Quimper et a consulté abondamment la presse ancienne si riche en faits divers. « Passionné par la série U (justice), j’ai passé de nombreuses heures à étudier les dossiers d’instruction », confie l’ancien conseiller de prud’hommes. « Hors la loi en Bigoudénie » est le fruit d’un an et demi de travail quotidien. Quelques affaires sont racontées du point de vue de la victime ou d’un témoin direct de la scène. Certaines d’entre elles, les plus retentissantes, sont encore dans les mémoires. « Elles ont parfois pu être romancées », commente l’écrivain qui ambitionne de rétablir la vérité.

 

Un tirage à 600 exemplaires

 

Avez-vous un lien avec ces histoires ? C’est possible. Dans sa préface, Pierrick Chuto « adresse toutes ses excuses anticipées aux descendants des personnes condamnées. Le plus souvent, ils ignorent cet épisode de leur histoire familiale, un voile opaque ayant été jeté sur le passé de ces ancêtres, jugé peu recommandables ». Depuis toujours, les Français vouent une passion aux faits divers. Certainement parce qu’il est d’abord question d’humain. Et que ces humains sont des personnes qui nous ressemblent. Ces intrigues, séquencées, « Hors la loi en Bigoudénie », se lisent comme un roman. Tiré à 600 exemplaires, le livre de Pierrick Chuto devrait rencontrer un beau succès. Cela ne serait que justice.

 

Pratique

 

« Hors la loi en Bigoudénie, Crimes et forfaits de 1830 à1916 », disponible à la vente dans quatorze enseignes (Pays bigouden, Cap Sizun et en région quimpéroise). Prix : 19 €. Pierrick Chuto sera en dédicace samedi de 10 h à 12 h à la libraire Graffiti à Plonéour-Lanvern.

 

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Quimper- 14 Avril 2021 -

 

17 histoires vraies racontées par Pierrick Chuto

Pierrick Chuto, le spécialiste bien connu de l'histoire locale, a le don d'écrire de façon plaisante des histoires fort déplaisantes ! Ainsi, sous sa plume, il raconte 17 faits divers qui ont eu lieu en pays bigouden.

 

La genèse du livre Hors la loi en pays bigouden doit beaucoup à la passion de Pierrick Chuto pour les archives et particulièrement celles de la série U consacrées à la justice.

C'est ainsi qu'il se met à étudier les dossiers de procès aujourd'hui oubliés. Ce travail de fourmi réalisé avec l'aide d'Annick Le Douguet, montre alors tout l'intérêt du sujet. L'auteur s'appuie sur les dossiers des assises. « J'ai alors des témoignages de premières mains. Au delà de ces compte rendus, c'est aussi une photographie de l'époque, la vie d'une communauté, d'une famille qui apparaît. »

Pierrick Chuto poursuit : « Il est frappant de voir le silence dans les villages qui ne veulent pas dénoncer un crime ou son auteur  » ou «  de suivre les différentes déclarations des accusés et d'y constater de grandes contradictions ».

Pour l'auteur, pas question de faire un inventaire indigeste de ces crimes. Il sélectionne des procès qui ont eu lieu à Quimper entre 1830 et 1916. Il mène l'enquête et se plaît à recréer l'épisode du crime avec le souci de le rendre vivant sans jamais le romancer. Les récits mêlent sur le banc des accusés, hommes ou femmes, «  meurtriers, assassins, parricides, pyromanes ou simples voleurs de sangsues ». Certains seront condamnés malgré le doute. À l'opposé, l'un sera acquitté après avoir tué un notable de Pont-l'Abbé car pour tous, ce meurtrier a libéré la ville d'un tyran. Question de point de vue.

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Le dernier livre de Pierrick Chuto s'intituleHors-la-loi en Bigoudénie.

 

Justice plutôt rapide Au fil des pages, point d'ennui. Pierrick Chuto sait faire parler les témoins. Parfois, c'est la victime elle-même qui détaille le crime. Ou encore, il choisit non sans malice, de faire parler le curé pour relater une histoire de mœurs sur fond de passion meurtrière. Les histoires se suivent, l'une moins horrible précède un fait divers plus atroce.

Le livre nous plonge au cœur de la justice du siècle passé. Une justice plutôt rapide, le crime de l'hiver est jugé dès le printemps. Point de femmes dans les jurys d'assises mais 12 hommes, souvent des propriétaires. La justice est alors « plus compréhensive pour une femme tuant son enfant que pour un moins que rien qui se retrouve au bagne pour un simple vol  ». Dans le même esprit, s'attaquer au bien d'autrui (incendie) pouvait être jugé pire qu'un meurtre.

Au fil des chapitres, un territoire et une époque se dessinent, l'âme humaine aussi. Le livre de Pierrick Chuto livre une facette du pays bigouden dominé alors par un clergé tout-puissant où les condamnés ont fauté par colère, avarice, envie ou jalousie, luxure, paresse ou orgueil.

 

par  Florence Edouard De Massol

 

Hors-la-loi en Bigoudénie par Pierrick Chuto. Association de Saint-Alouarn. 214 pages.

En vente en librairie et sur le site www.chuto.fr

19 € En librairie et 22 € Par correspondance

 

Pont L'Abbé- 23 Octobre 2018 -

 

Pierrick Chuto. Plobannalec-Lesconil en sept actes

 

Pierrick Chuto avait dit à son épouse que les livres, c’était fini. Mais c’était sans compter sur le journal de celui qui fut recteur de Plobannalec-Lesconil en pleine agitation au début du XXe siècle… De cette découverte et de cette lecture est sorti « Du reuz en Bigoudénie » que le Plomelino-Pont-l’Abbiste dédicacera à Lesconil, le 27 octobre

 

 

À la base, Pierrick Chuto pensait écrire un article pour la revue Cap Caval sur ce qui était devenu son sujet de prédilection, après deux ouvrages sur la question (*) : les Blancs et Rouges. Précisément sur Plobannalec-Lesconil, une commune « bicéphale » entre « paysans blancs » et « marins rouges », entre « pochoù gwiniz » et « pochoù krank », entre la fin du XIXe et le début du XXsiècle. Une commune dont il a découvert le côté très remuant de cette époque aux Archives départementale.

Mais « comme il ne sait pas faire court et n’aime pas être limité en nombre de signes », le Plomelinois qui a été, quarante ans durant, commerçant à Pont-l’Abbé, s’est lancé dans la rédaction d’un livre. « J’avais dit à ma femme que j’arrêtais, après celui sur mon grand-père », sourit le septuagénaire. Les coupures de presse de l’époque trouvées aux Archives départementales, couplées à la découverte et la lecture du journal de l’homme qui fut le recteur de la commune entre 1908 et 1946, ont fait office de détonateur.

 

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Un journal inédit, conservé par les autorités religieuses, un journal que le recteur ne souhaitait pas voir lu avant le cinquantième anniversaire de sa mort… « Les prêtres étaient tenus d’écrire un journal. Beaucoup de familles ont fait disparaître les journaux après leur mort car ils étaient beaucoup trop compromettants », relève Pierrick Chuto. C’est donc une sacrée pépite que le passionné a dénichée…

Christophe Jézégou était « un recteur au caractère dominateur, de cochon, on peut le dire, un homme qui écrivait tout ce qu’il pensait et qui critiquait beaucoup », relate Pierrick Chuto. Si l’homme a beaucoup fait pour la commune, avec les écoles libres de Plobannalec et de Lesconil, il était « un peu mégalo, aussi ». Pour preuves, les vitraux de l’église de Plobannalec-Lesconil réalisés après la Première Guerre mondiale. « Il s’y est fait représenter ! ».

 

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Sept chapitres

Si les écrits de Christophe Jézégou sont aussi intéressants pour Pierrick Chuto, c’est parce qu’ils démontrent l’état, l’esprit de la commune au début du XXe siècle. « Il était pratiquement en guerre contre Jules Deschennes, l’instituteur et secrétaire de mairie qui se prenait pour le maire mais aussi contre le pasteur gallois William Jenkyn Jones, arrivé en 1894 à Lesconil et qui y a créé un temple ». Lesconil, grâce au Gallois, « est devenu, un temps, le seul port de pêche où on ne buvait plus », raconte, malicieux, l’auteur de « Du reuz en Bigoudénie : Blancs de Plobannalec et Rouges de Lesconil, 1892-1938 ».

Le journal de Christophe Jézégou pour la commune bigoudène commence en 1907, « l’année où l’Interdit est mis sur la commune » et se termine en 1946. Pierrick Chuto a choisi de commencer l’histoire en 1892, avec le précédent recteur, René Guillou. Pour poser le décor. Et de s’arrêter en 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. « Quitte à y revenir plus tard ! », sourit Pierrick Chuto.

Et celui qui fut dans le textile a réussi à faire dans la dentelle. Livrant un ouvrage de 146 pages, divisé en sept chapitres, qui aurait pu être un récit tragicomique si cela n’avait été l’Histoire. « Je raconte ce qui est public, appuie l’auteur. Je ne juge jamais et ne prends jamais parti ». Disponible dans plusieurs maisons de presse du Pays bigouden depuis la deuxième semaine d’octobre, l’ouvrage, édité à 330 exemplaires, est déjà, pratiquement, en rupture de stock. « J’en ai fait réimprimer ! ».

(*) « IIIe République et Taolennoù » (2016) et « Auguste, un blanc contre les diables rouges » (2017)


Pratique

« Du reuz en Bigoudénie : Blancs de Plobannalec et Rouges de Lesconil, 1892-1938 », de Pierrick Chuto, préfacé par Serge Duigou et postfacé par Bruno Jullien, 146 pages, 15 €. Disponible à l’Escale, à Lesconil, à la librairie Guillemot de Pont-l’Abbé et à la Maison de la presse, Plonéour Diffusion, de Plonéour-Lanvern. Dédicace le 27 octobre, de 10 h 30 à 12 h 30, à l’Escale. Pierrick Chuto animera également une conférence sur le sujet, le 25 novembre, à 16 h, à la médiathèque de Plobannalec-Lesconil.

 


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